Programme 2019

Sous le signe de Prométhée. Les chemins de la Révolte

Placées sous le signe d’Ithaque, patrie mythique toujours à conquérir au fil d’épreuves et de tentatives sans cesse renouvelées, les premières Rencontres littéraires Méditerranéennes Albert Camus nous invitaient à chercher, guidés par des « amers » camusiens, les voies d’une navigation vers une Ithaque apaisée où, unis et différents, convergeraient les peuples qui bordent notre Méditerranée.

Placée sous le signe de Prométhée, la seconde édition des Trobades literàries mediterrànies Albert Camus se centrera sur la Révolte, clef de voûte de la réflexion de Camus. Elle occupe la place centrale du triptyque qu’il se proposait de réaliser : « I. Le Mythe de Sisyphe (absurde). II. Le Mythe de Prométhée (révolte). III. Le Mythe de Némésis. » (1)Ces figures mythiques que nous installons au fronton de ces Rencontres ne doivent pas nous détourner des réalités du monde ; au contraire, comme l’écrit Camus : « Les mythes n’ont pas d’existence par eux-mêmes, ils attendent que nous les incarnions. » (2).

C’est bien ce qui nous réunit ici. Que de Minorque, île baignée de lumière mais aussi exposée à tous les vents de la Méditerranée, s’élève un cri partagé. Le cri des hommes qui, face aux forces obscurantistes de la destruction, opposent celles, lumineuses, de la création et qui, face au chaos, rêvent lucidement d’un ordre sur lequel veillerait Némésis. (La déesse qui punit la démesure). Utopie certes, mais « utopie relative » (3).

Les Trobades de 2019 réuniront des spécialistes de l’oeuvre de Camus, écrivains, artistes et personnalités du monde de la culture venus des divers rivages de notre mer commune. Leurs analyses et leurs témoignages nous permettront d’emprunter les chemins de notre révolte pour retrouver, comme Camus, un « été invincible» (4).



Toutes les références renvoient à la dernière édition de La Pléiade à l’exception de la référence à Platon.
(1) Carnets, OC IV, p. 1093 ;
(2) «Prométhée aux Enfers», L’Eté, OC III, p.591 ;
(3) Combat, OC II, p.445 ;
(4) «Retour à Tipasa», L’Été, OC III, p. 613.