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Edgar Morin


Le jury du II Premi Mediterrani Albert Camus composé de Luis García Montero en tant que président et Hoda Barakat, Anna Caballé, José Miguel G. Cortés et Anne Prouteau et réuni à Minorque le 29 septembre 2020 a élu à l’unanimité Edgar Morin, pour ses travaux en tant que penseur transdisciplinaire. Sa réflexion libre et constante sur la condition humaine et sur le futur de la planète font de lui une référence éthique incontournable de notre temps.

Le jury a considéré que son refus du dogmatisme, sa pensée de l’incertitude ont crée une forme d’humanisme qui le situe dans le sillage de l’œuvre d’Albert Camus. Tous deux « hommes rebelles »,  loin des vérités absolues, n’ont pas cessé d’interroger le vivant. Son âge, 99 ans, ne l’empêche pas de continuer à réfléchir, de manière pertinente et impertinente, à l’actualité et à ses défis.



L’écrivain, socio anthropologue et philosophe, Edgar Morin est l’un des principaux penseurs français contemporains qui s’est attaché au développement d’une méthode permettant de penser la complexité : comme réalité, comme savoir et comme défi contemporain.

Edgar Morin, de son vrai nom Edgar Nahoum, est né à Paris le 8 juillet 1921. La guerre civile en Espagne en 1936 marque son premier engagement politique. En 1942, il entre en Résistance à la fois comme communiste (il s’en détachera en 1948 et en sera exclu en 1951) et gaulliste dans le Mouvement de résistance des prisonniers et déporté (MRPGD devenant MNPGD sous la direction de Mitterrand). C’est dans la Résistance où il choisit le pseudonyme de Morin. Pendant la guerre il obtient une licence d’histoire-géographie ainsi qu’une licence en droit. À la Libération, il publie son premier ouvrage L’An zéro de l’Allemagne puis s’investit dans le journalisme en créant notamment la revue Arguments en 1956.

C’est en 1950 qu’Edgar Morin entre au CNRS et s’intéresse essentiellement à des phénomènes considérés alors comme mineurs. Il publie Le Cinéma ou l’homme imaginaire en 1956, Commune en France : La Métamorphose de Plodémet en 1965 ou encore La Rumeur d’Orléans en 1969.

Il deviendra Directeur de recherche au CNRS en 1970. À la fin de cette décennie, il élabore ce qu’il définira en 1982 comme étant la “pensée complexe” et se lance dans l’écriture de son œuvre majeure La Méthode, dont les six tomes seront publiés entre 1977 et 2004.

Son œuvre, très vaste, se caractérise par un souci de la connaissance sans entrave ni hiérarchisation, capable de saisir la complexité du réel et d’observer le singulier tout en le plaçant dans le tout. Nous devons comprendre la nature de l’être humain, dit Morin. Mais il faut d’abord découvrir que « le trésor de l’unité humaine est la diversité humaine et que le trésor de la diversité humaine est l’unité humaine». Il présente sa réflexion sur l’éducation dans La tête bien faite : repenser la réforme, réformer la pensée (1999), Relier les connaissances (1999). Son livre Les Sept Savoirs nécessaires à l’éducation du futur (2000) a été traduit dans de nombreuses langues.

Edgar Morin s’est donc concentré sur le développement d’une méthode capable de relever le défi de la complexité de toutes les connaissances modernes, et de réformer la politique et la pensée, afin de surmonter la crise mondiale actuelle. Ses œuvres (liste non exhaustive) — Journal de Californie (1970), Les six volumes de La Méthode (1977-2004), Pour sortir du XXème siècle (1981), Penser l’Europe (1987), Vidal et les siens (1989), Terre – Patrie (1993), La complexité humaine (1994), Pour entrer dans le XXIe siècle (2004), La Voie : pour l’avenir de l’humanité (2011), Enseigner à vivre. Manifeste pour changer l’éducation (2014), Au péril des idées (2014) — ont été traduites dans de nombreuses langues, notamment en allemand, anglais, arabe, chinois, coréen, espagnol, grec, italien, japonais, polonais, portugais, russe, suédois et turc.

Ces derniers ouvrages sont : Changeons de voie : Les leçons du coronavirus (avec la collaboration de Sabah Abouessalam, 2020) et L’entrée dans l’ère écologique (2020).

Morin a été co-directeur des revues Arguments et Communications, directeur de Recherche au CNRS, co-directeur du Centre d’Études Transdisciplinaires (Sociologie, Anthropologie, Politique) de l’École des Hautes Etudes en Sciences Sociales (1973-1989), il a présidé l’Agence européenne pour la culture (Unesco) et préside l’Association pour la Pensée Complexe.

Il est Docteur honoris causa de plus de 30 universités dans le monde (Europe, Brésil, Mexique, Bolivie, etc.) dans des domaines aussi divers que la Psychologie, les Sciences politiques, la Sociologie, l’Anthropologie, les Sciences de l’éducation.

Aujourd’hui reconnu comme un penseur majeur à l’échelle mondiale Il s’attache désormais à réfléchir sur la mondialisation et s’engage dans le combat écologique.


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